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Arverne Tribune : Comment avez vous eu l’idée des visites virtuelles ?
Matthieu THOMAS : C’est un projet de longue date déjà. Il y a 2 ou 3 ans, attiré par la photographie panoramique et la macro photographie, je me suis intéressé aux nouvelles technologies et à l’évolution de la photographie dans les années à venir. J’ai alors réalisé mes premiers travaux photographiques interactifs : ma maison, mon jardin, la nature, la chaine des puys, … Je me suis vite rendu compte que les visites virtuelles avaient un potentiel d’application incroyable. Peu après, étant encore étudiant, mais déjà passionné par la photo, j’ai organisé une exposition d’art pour Mouv’Art. Antoine Presneau m’a alors permis de le suivre dans la réalisation des visites virtuelles qu’il proposait aux artistes Mouv’Art. Pour clôturer mes études j’ai décidé de partir en stage/formation aux côtés d’une référence mondiale en photographie panoramique : Arnaud Frich. A ses côtés, j’ai été formé durant 3 mois à réaliser des visites virtuelles de qualité quelque soit l’environnement. Mon projet professionnel était déjà bien ancré, et grâce à ces solides expériences et formations, j’ai concrétisé mon idée première : développer un nouveau genre de prises de vue, les rendre familières, et permettre leur intégration dans un maximum de domaines.
AT : Quels sont les principaux utilisateurs ?
MT : Il n’y a pas un domaine d’application mais bel et bien plusieurs. C’est en cela que les visites virtuelles sont géniales ! On peut réaliser des photographies à 360° partout. Immobilier, industrie, luxe, événementiel, nature, art, … la liste est longue vous savez. Néanmoins, je dois avouer que l’immobilier reste le secteur au sein duquel les visites virtuelles sont les plus utilisées. En effet, visiter une maison ou un appartement directement sur internet ou en local sur un ordinateur, est bien plus simple que de parcourir des centaines de kilomètres pour visiter 4 ou 5 maisons dans la journée. Gain de temps et d’argent…
AT : Comment se déroule une prise de vue panoramique ?
MT : Ah très bonne question ! Souvent les gens n’imaginent pas très bien le travail qui se cache derrière une photographie panoramique. A noter que les visites virtuelles sont des photographies panoramiques bien spéciales, elles sont étudiées pour être diffusées sur internet et sont à 360°. Alors qu’une photo panoramique plus conventionnelle dirais-je, est à la base prévue pour une impression, une galerie d’art, une photothèque ou un book papier ou web par exemple. Avant de « shooter » (d’effectuer les prises de vue), il faut étudier le sujet (monument, lieu, environnement, …) et bien repérer où la lumière du soleil est la plus efficace et à quelle heure de la journée. Ensuite bien sûr, il faut savoir où l’on va se placer, toujours en fonction de la lumière et du sujet à photographier. En ville, c’est souvent compliqué, pour faire de bonnes photographies panoramiques de monuments ou autres, il faut souvent monter dans des immeubles en face, sur un balcon, un toit, c’est là que le photographe se démarquera : l’angle de prise de vue doit être irréprochable et doit mettre en valeur le sujet. Enfin, avant de prendre les photos, il reste encore 3 aspects à ne surtout pas négliger : la météo, le matériel, et les imprévus. C’est peut être bête pour certains, mais avant de partir sur le terrains, il faut faire attention à la météo, la pollution atmosphérique pour les vues panoramiques de villes, et surtout prévoir le matériel adapté pour gagner du temps. Il faut vérifier l’état des batteries, les objectifs adaptés, un niveau à bulle, des cartes mémoires de secours, etc… Enfin quand je dis qu’il faut tenter de prévoir les imprévus, je parle des événements qui peuvent avoir lieu le jour J : manifestation, fête de village, brocante, … Généralement, tout cela se prévoit.
Pour terminer, une fois arrivé sur les lieux, matériel en place, il est nécessaire d’utiliser un matériel bien spécifique aux prises de vue panoramiques : une rotule et une tête panoramique. Ces deux choses permettent la rotation de l’appareil photo et de l’objectif autour d’un point idéal, afin de permettre un assemblage des photos sans défauts. Une fois les photos effectués, il faut les assembler sur ordinateur, par logiciel, je passerais les détails techniques… et voilà on obtient une photographie panoramique ! Qui a dit que c’était compliqué ??
AT : L’ « œil » , le regard du photographe, sont ils présents lors de vos reportages?
MT : Toujours ! C’est indispensable même. Quelque soit la nature des photographies effectuées, le regard du photographe est toujours présent. Depuis que je travail la photographie, et surtout les reportages, je ne regarde pas forcément la même chose que tout le monde. Je vais chercher le détail, un regard dans la foule ou même quelque chose d’insolite. Après, tout dépend de la demande du client. Il faut juste savoir être raisonnable tout en répondant au souhait du client.

AT : Un mot sur le concept des « Planètes »…
MT : Peu de gens sont encore habitués à voir de telles photographies… Souvent ils croient même que ce sont des truquages. Techniquement, les planètes sont une représentation sphérique de ce qu’un œil humain verrait à 360°. Réellement, ce sont des visites virtuelles assemblées sous forme de sphère. J’espère pouvoir mettre en place une future exposition de ce type de photographie, afin d’amener un nouveau regard sur l’art de la photographie sphérique. Je commence petit à petit, à proposer à mes clients, leur visite virtuelle en « planète » sous forme de stickers ou tableaux. L’idée et la démarche commencent tout juste à éclore.
AT : Je reviens à votre activité artistique. Entre macro-photographie et paysages panoramiques, quelles sont vos inspirations ?
MT : Vous savez, j’ai commencé par la macro-photographie, car je suis très sensible à la nature et au respect de l’environnement. Je pense que les macros-photos sont le moyen de faire prendre conscience à l’Homme, qu’il n’est pas seul sur Terre. Ensuite pour les paysages panoramiques, c’est une histoire d’amour : la nature avant tout, et puis il y a de très bons photographes qui m’ont aussi inspiré : Arnaud Frich, Michel Rajkovic, Nick Brandt.
AT : Enfin, quels sont vos projets ?
MT : Les projets ne manquent pas ! Si tout se passe bien, une partie de mes photos seront en vente dans une galerie d’art, tirages limités et numérotés. Je vais certainement intervenir dans des écoles primaires et collèges pour faire une première approche de la photographie aux enfants, et les amener à l’animation image par image : le Stop-Motion. C’est attractif, visuel, et ça a rapport avec la photographie. Les enfants adorent ! J’ai fait un essai l’année dernière avec une école sur Aigueperse, l’essai a été concluant, donc je vais certainement recommencer. Il y a aussi l’université indépendante de St-Pourçain-sur-Sioule avec laquelle je vais travailler et donner des cours de photographie toute l’année. En parallèle de tout cela, je vais être amené à voyager un peu partout en France, pour des gîtes, hôtels, châteaux, … afin de leur réaliser des visites virtuelles. Je vais peut-être continuer de travailler sur des sites internet, et développer une offre web avec visite virtuelle intégrée. J’attends aussi quelques réponses pour concrétiser certains projets et passer à la réalisation…Il y a Mathon, le futur carré sud d’Aubière, entre autre. Et puis, comme je vous l’ai dit précédemment j’espère arriver à mettre en place une exposition d’art sur le thème des photographies sphériques, les « planètes ». Les idées ne me manquent pas… j’ai la chance d’être épaulé par deux très bons photographes et amis en plus de cela, Arnaud Frich et Jérôme Mondière, donc je ne peux que les remercier de m’avoir amené à la photographie et de m’aider. Sans eux, les projets ne seraient certainement pas les mêmes.
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